Succulentes

Avec « Succulentes – Le Design Végétal » édité aux Editions Ulmer, il présente 75 portraits de succulentes aux formes multiples et charnues et aux familles diverses. Des plantes dites « grasses » dans le langage courant qu’il nous faut entrevoir comme « gorgées de sucs » et dont l’évolution provient de leur capacité de résistance à la sécheresse des déserts.

Ici le choix de l’argentique, d’une prise de vue rapprochée au cadrage frontal ou en hauteur sur fond neutre et noir, sous la lumière naturelle du nord identique à celle utilisée par les plus grand peintres exaltent avec volupté chacun des détails, des contours, des volumes (spirales, volutes, pointes..) et des textures (piquants, stries, cires, duvet, épines..) de ces plantes. Les succulentes surgissent ainsi à nos yeux comme en apesanteur, en un mouvement d’offrande propice à en appréhender leurs essences. De ce face à face entre l’œil du photographe et la plante jaillit une galerie de portraits aux sonorités humanisées, à l’interaction complice entre l’homme et la nature sauvage.

De cette proximité décontextualisée, de cette démarche de documentaliste à la description détaillée nait le génie plastique. La plante est revisitée avec le parti pris d’une stylisation sculpturale, proche du surréalisme. En insistant sur ces qualités, Thomas Balaÿ fait ressortir les formes et les volumes structurels, architecturels de la plante. Cette mise en scène met en évidence la beauté du graphisme végétal, son design intrinsèque pour en déceler ses lignes, ses épaisseurs pour toucher sa matière et sentir sa splendeur. Le monde végétal est ainsi transporté avec Thomas Balaÿ en des formes artistiques sobres, simples à la netteté des lignes et aux formes proche des créations de design ou de la joaillerie.

Thomas Balaÿ nous livre avec « Succulentes – Le design végétal » la somptuosité, l’élégance de ces plantes créés par la nature et ses millions d’années d’évolutions. Il nous les élève au rang d’œuvre d’art à même de renfermer de multiples interprétations. Avec cet ouvrage, c’est encore la beauté fragile du monde végétal qu’il défend. Un message naturaliste, pour que nous prenions tous conscience de notre patrimoine naturel, de la richesse de la biodiversité végétale, et que nous n’oublions pas notre devoir, celle de l’admirer et de la préserver.